I-Les similitudes entre le chocolat et une drogue : le cannabis

      "Drogue" est le nom donné à la consommation de substances étrangères à l’organisme qui ne sont pas utilisées comme aliment, mais doivent être éliminées après avoir subi des modifications de structures dans les cellules. Les drogues agissent à doses très faibles sur une partie du cerveau qui intervient dans la mémoire et l’apprentissage ainsi que dans l’humeur et l’affectivité appelée système limbique. Cependant, dans le langage courant ce terme "drogue" peut désigner l’usage excessif d’une substance quelconque qui entraine la dépendance.

A-L’action des composants majeurs du cannabis :

      Le THC ou delta-9-tetrahydrocannabinol est la principale molécule active du cannabis (drogue extraite du chanvre). Celle-ci est dites "thermolabile", puisque sous l'effet de la température et de l'oxydation, elle s'isomérise en delta-8-tetrahydrocannabinol. Mais elle peut également se transformer en cannabinol CBN (peu actif) ou en cannabidiol CBD (inactif).

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 CBD :                                             CBN :                                             THC :

      Le THC agit sur le corps humain en activant des récepteurs portés par les cellules. Ces récepteurs sont appelés CB1 et CB2. Les récepteurs CB1 sont beaucoup plus intéressant que les CB2, puisque les CB1 sont présent au niveau du cerveau, dans les structures du système limbique, responsable de la régulation des émotions. Mais ces récepteurs se trouvent également au niveau du cervelet, qui lui est responsable de la motricité, et donc du comportement de l'individu.

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      L'activation de ces récepteurs est capable de moduler la neurotransmission dans le striatum en freinant la libération des neurotransmetteurs (ici la dopamine) ce qui entraine donc une sécrétion moindre de dopamine, responsable de la motricité de l'individu.  Cependant si l'activation de ces récepteurs engendre une inhibition de la dopamine, il existe le système de récompense (voir annexe) qui, lui, est responsable de la dépendance psychique, puisque la libération de dopamine dans les autres parties du cerveau est possible et entraine une sensation de bien -être, ce qui pousse donc le corps à reproduire le geste de la consommation de cannabis. Or une consommation trop accrue de THC entraine sur le long terme des effets psychologiques et physiologiques néfastes à la santé. Par exemple, par rapport à l’aspect physiologique, cela peut entrainer des troubles sur les tissus conjonctifs (yeux), les poumons, les organes sexuels, les neurones… Du point de vue psychologique, cela peut entrainer des crises de panique, des troubles de la vigilance, de l’agressivité chez le consommateur.

 

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B-Les similitudes avec le chocolat :

       Précisons tout d'abord que l'anandamide est présente dans la nature, chez les animaux et chez les humains. Le cacao, qui est la base du chocolat, en contient une faible quantité. Ainsi, le chocolat peut être comparé au cannabis puisque l'anandamide est une matière proche du THC (principale molécule active du cannabis).  Ces deux neurotransmetteurs font partie des cannabinoïde endogène ou exogène, d’où la deuxième dénomination de l’anandamide : cannabinoide endogène N-arachidonylethanolamine. Le mot "anandamide" est tiré du Sanskrit "ananda", qui signifie béatitude. Comme toute molécule chimique, elle présente une formule brute : C22 H37 NO2, et sa masse molaire est 347,53 g.mol-1.

 

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La formule topologique l'anandamide est : formule-topologique-anandamide.png 

      Nous nous intéressons principalement à l'action de cette molécule chez l’Homme. L'anandamide est sécrétée naturellement par le cerveau afin de lutter notamment contre la crainte et possède les mêmes propriétés pharmacologiques que le cannabis, contenu principalement dans la marijuana. En effet, elle peut rendre euphorique et stimule les perceptions sensorielles.

      L’anandamide se fixe et active les récepteurs cannabinoïdes (dits récepteurs THC) tout comme le THC. (Cela a été prouvé par le professeur Raphaël Mechoulam, voir photo ci-dessous).

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      L'anandamide peut déplacer les cannabinoïdes fixés sur la membrane synaptique. Elle se place sur les deux types de récepteurs cannabinoïdes existant : le CB1 (le mieux connu) et le CB2. Le CB1 se situe plus au niveau du système nerveux central (cervelet, système limbique) et le CB2 dans le système immunitaire, à la périphérie. La stimulation du CB1 provoque la suppression des sensations douloureuses tout en conservant les sensations du toucher, c’est un effet analgésique. Cela consiste en fait à interrompre la transmission du message neuronal de douleur depuis la zone qui la subit vers le cerveau. Cette stimulation provoque aussi plusieurs effets psychologiques comme l’euphorie, la détente, des difficultés à penser ou à apprendre et à mémoriser, l’altération de la vue et de l’ouïe, la somnolence… Malgré le fait que ce composant soit présent en plus grande quantité dans les drogues que dans le chocolat (où il est relativement peu présent), manger du chocolat a tout de même pour conséquence de provoquer un sentiment de bien-être, d’apaisement chez le consommateur. En se fixant sur les récepteurs au THC, l’anandamide serait le ou un des composants provoquant l'addiction ou l'accoutumance au chocolat. En effet, les réactions produites par notre organisme suite à la consommation de ce produit sont enregistrées par notre cerveau et le système de récompense de notre corps nous pousserait à renouveler cette consommation, et donc à ingérer plus de chocolat.

 

 

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